🌑 La pièce sans fenêtre
- Lumière Éclairée
- 12 févr.
- 2 min de lecture
Il était une fois une pièce sans fenêtre.
Une pièce dans laquelle vivait un homme depuis si longtemps qu’il avait oublié qu’il y était entré un jour.
Il connaissait chaque mur.
Chaque fissure.
Chaque ombre.
Il appelait cette pièce : “ma vie”.
Il disait :— C’est comme ça. C’est moi. Je suis fait comme ça.
Dans cette pièce, il y avait des voix.
Des voix anciennes.
Des phrases gravées dans les murs :
“Tu n’es pas assez.”
“Fais attention.”
“Ne dérange pas.”
“Sois fort.”
“Ne montre pas.”
Et à force de les entendre, il avait fini par croire que ces murs étaient la réalité.
Un jour, il entendit frapper.
Pas à la porte — il n’y avait pas de porte visible.
Mais à l’intérieur.
Un son doux.
Régulier.
Comme un rappel.
Il décida de suivre ce son.
Il posa la main sur un mur.
Rien.
Il respira.
Longuement.
Et pour la première fois, au lieu de lutter contre la pièce, il ferma les yeux.
Alors quelque chose d’étrange se produisit.
La pièce ne disparut pas.
Elle changea.
Les murs commencèrent à devenir plus souples.
Les phrases gravées se mirent à s’effacer, comme si elles n’avaient été écrites qu’à la craie.
Et derrière l’un des murs, il sentit une chaleur.
— Et si ce mur n’était pas porteur ?
— Et si ce n’était qu’une protection devenue inutile ?
Il inspira encore.
Le mur devint translucide.
Et derrière… il n’y avait pas un autre mur.
Il y avait une lumière.
Pas une lumière aveuglante.
Une lumière douce.
Vivante.
Comme si elle l’avait attendu.
Il comprit alors quelque chose :
La pièce n’était pas une prison. C’était un abri.
Un abri construit par son esprit à une époque où il en avait besoin.
Et l’hypnothérapie n’était pas un marteau pour casser les murs.
C’était une main posée sur son épaule, murmurant :
“Regarde… ce mur peut s’ouvrir. Tu n’as plus besoin qu’il te protège.”
La lumière ne venait pas de l’extérieur.
Elle venait de derrière les murs.
Elle avait toujours été là.




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